Idéateur, peintre et concepteur d’images

Né à Montréal en 1955.

M Delage-1

Peintres préférés : Monet, Seurat, Pollock, Vasarely

Thématique : Couleurs, formes et transformation

Expérience de travail reliée à la couleur :

1974-1978 : éclairagiste de théâtre

1981-1990 : concepteur vestimentaire de pièces uniques et de vêtements peints

1997-2002 : recherche sur la couleur et le comportement psychologique et réalisation d’une base de données sur le sujet à l’aide des images projectives d’un jeu de cartes

2002- 2017 : exposition de peintures dans des lieux publics

Source d’inspiration :

«Couleurs formes et transformation»

    Pour ceux qui méditent sur la notion d’infini et d’incommensurable, il y a souvent une phrase clef qui sert à la fois à définir la profondeur d’un tel sujet et à créer un port d’attache conceptuel dans une pratique artistique. Dans mon cas, le phénomène de transformation, qu’il soit physique ou imaginaire, me fascine. Et pour essayer de le capter, voire de le comprendre, j’essaie de le traduire en images. Bien entendu, certaines transformations, comme celles reliées à la faune et à la flore, sont plus faciles à interpréter. Mais pour d’autres, qu’elles soient microscopiques ou macros-copiques, il faut une valeur témoin qui devient une sorte d’«unité de mesure» : les couleurs comme la forme supportent tous les types de transformations.

    Le fait de jouer avec la couleur m’aide à me synchroniser avec les ondes visibles. Par des gestes saccadés et répétés, par la superposition de gouttelettes plus ou moins grosses, par différents jets de peinture sur la toile, je découvre une sorte de mémoire chromatique ayant participé au développement et à l’organisation de la matière. La terre (l’organisation de la matière) transforme notre corps dans le sens qu’elle modifie sans cesse l’ordre et la structure de notre monde physique. La couleur (les ondes visibles du spectre électromagnétique) concentre notre mouvement dans le sens qu’elle remet le monde physique dans une certaine fluidité magnétique où résident l’inconnu et le merveilleux de toutes transformations. De là, cette dichotomie apparente dans mes œuvres où la géométrie plane d’espaces découpés (les formes) s’entremêlent aux ondulations et variations colorées de toutes sortes.

Recherche et développement :

Je travaille présentement à la création d’une nouvelle marqueterie, où la toile se transforme en une sorte de casse-tête multidimentionnel. Une toile déjà colorée par des jets de peinture est découpée en morceaux qui sont ensuite assemblés pour former une image ayant une profondeur de champs kaléidoscopique. Une transformation de l’image par l’image.

Le processus créatif lié à la conception du jeu 55 Icônes

Je fais une recherche, et ce, depuis 30 ans pour traduire les comportements psychologiques en archétypes. Ma démarche à la fois artistique et scientifique se situe à cheval entre les sciences cognitives, l’histoire du langage symbolique et l’utilisation des images projectives en psychologie organisationnelle. L’ensemble de cette recherche est ponctué d’expériences artistiques, peinture, photo, création de tissus et de vêtements peints, qui m’ont permis de transposer le caractère abstrait de mon processus créatif. Dans l’exposition qui aura lieu au centre culturel Regina Assumpta à partir du 24 septembre, les œuvres proposées cristallisent ma mouvance imaginaire à travers différents types d’images, dont les dénominateurs communs sont les mouvements élémentaires et la couleur. L’ensemble des œuvres exposées, incluant le jeu 55 ICÔNES, témoigne de ma principale préoccupation : stimuler mon processus imaginatif en jouant avec l’abstraction et la figuration.

Je peins depuis l’âge de 16 ans et régulièrement, année après année, j’utilise ce médium pour replonger dans mon imaginaire, qui s’alimente constamment de couleurs, de textures et de mouvements. Par des gestes saccadés, par la superposition de gouttelettes de peinture, par différents jets colorés sur la toile comme sur les vêtements, j’ai découvert, il y a plusieurs années, une sorte de mémoire primitive participant au développement de ma psyché. À partir de cette découverte, ma démarche artistique a visé à me donner accès à des mémoires anciennes et à développer ce que j’appellerais un langage imagé archétypal. C’est grâce à cette mémoire primitive, chromatique et rythmique tout à la fois, que je construis de nouvelles images, y compris celles du jeu 55 ICÔNES.

La peinture sur tissus, que j’ai affectionnée pendant une dizaine d’années (de 1980 à 1990), a déclenché une réflexion générale sur la connaissance de soi. Plusieurs clients et clientes m’ont fait part de leur désir de modifier leur parcours de vie grâce à une nouvelle tenue vestimentaire. L’achat d’une de mes « œuvres portables » était une motivation pour se transformer. Pour d’autres, porter une « œuvre d’art » dans leur milieu de travail signifiait arborer leur « vraie » personnalité, ce qui sous-entendait de laisser transparaître leur monde imaginaire en public. De simples mouvements colorés déposés sur le tissu manifestaient ce désir de changement de la personne, qui apprivoisait de nouvelles couleurs et la subtilité des mouvements élémentaires. Mon expérience en tant que concepteur vestimentaire m’a beaucoup appris sur la nature humaine et surtout sur la représentation symbolique que l’on se fait de ses étapes de transformation. Mes consultations privées sur la couleur et la confection de vêtements sur mesure étaient toujours axées sur la  fusion  de l’image sociale et de l’expression de soi. De là, l’idée de rejoindre, par l’abstraction de l’image, la symbolique élémentaire de nos étapes de développement.

La photo m’a aussi servi de mode d’expression et de représentation de 1980 à aujourd’hui. C’est une façon de faire des arrêts sur image et d’imaginer la réalité pour mieux la mémoriser, l’analyser et la voir d’une façon abstraite. Quand j’essaie de saisir l’abstraction à travers des sujets figuratifs, j’entre plus rapidement dans mon monde imaginaire et réussis à faire surgir spontanément de nouvelles idées. Je me permets, avec le calibrage de l’appareil, de capter ce que mes yeux ne peuvent voir et ce que mon cerveau tente de reconnaître. Le fait de recadrer l’image à travers un petit écran oblige de compléter la chose perçue par son imagination pour y déceler d’autres dimensions. C’est grâce à ce recadrage de la réalité où se détachent des détails particuliers que j’ai compris l’importance d’alimenter mon imagination par différents systèmes symboliques existants.

À l’exemple de la portée musicale et de ses 8 notes, les 55 archétypes du jeu 55 ICÔNES forment une sorte d’alphabet avec lequel je peux plus classer les différents niveaux d’abstraction de mes idées. Les images du jeu symbolisent le développement de mouvements plus vastes et plus profonds appartenant à des dimensions autant biologiques que célestes qui peuvent être associées aux interactions que je peux avoir avec mon environnement social.

Ma démarche picturale est révélatrice de mon approche artistique axée sur un processus créatif privilégiant une vision abstraite et rythmée de la réalité. Ma démarche photographique met en valeur un moment furtif capable de faire le pont entre le réel et l’imaginaire. Enfin, les tissus peints me permettent de rester en contact avec la poésie de nos transformations personnelles en donnant aux tenues vestimentaires une grande valeur symbolique. Le jeu 55 ICÔNES synthétise cette recherche à la fois poétique, artistique et symbolique sur l’image en continuité avec notre langage imagé universel. Mon exposition résume plus de 30 ans de réflexion sur le transfert de notre monde imaginaire en images abstraites et sur la connaissance que nous pouvons avoir de nous-mêmes en utilisant les images comme des reflets de notre développement intérieur.

CV : cv_michel-delage.pdf

Contact :

Courriel : michel@iconeinternationale.com ou info@faireimage.org

Site web des interventions avec le jeu 55 icônes : www.faireimage.org

Téléphone : 514-278-3885 

Expositions et événements